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vendredi 9 octobre 2015

Programme d'abattage massif de bouquetins dans le massif du Bargy (haute savoie)

Madame la ministre, concernant la biodiversité, j'attire votre attention sur l'opération d'abattage massif de bouquetins dans le massif du Bargy dans les Alpes, en application d’un arrêté du 16 septembre.
Commencé par la la préfecture de Haute-Savoie ce
jeudi 8 octobre, cet abattage masif concerne une espèce protégée depuis 1981, qui est accusée par les éleveurs de contaminer leurs bêtes à la brucellose, une maladie infectieuse qui a resurgi en Haute-Savoie en 2012, alors qu’elle avait été éradiquée de France en 2003.

http://www.lemonde.fr/.../la-haute-savoie-lance-une...

En effet, l'ANSES a remis un rapport, résultat d'une expertise collective faisant intervenir un groupe de personnes spécialisées dans la faune sauvage, mais également les représentants agricoles du département (FDSEA, Chambre d’Agriculture Savoie-Mont Blanc, GDS, Union des Producteurs de Reblochon Fermier) qui ont fait le déplacement et ont été audités.

Ce rapport a été réalisé par un financement pubic, et réalisé par une autorité indépendante, composée d'experts dans la dispensation de conseils pour la gestion des crises sanitaires et epizooties.

Voici le lien vers le rapport de l'ANSES :
https://www.anses.fr/fr/system/files/SANT2014sa0218Ra.pdf

Les experts soulignent particulièrement les points suivants (pages 129 et 130)
(c'est un copier-coller)
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Le risque actuel de transmission de la brucellose aux cheptels domestiques est estimé, par les experts, comme quasi-nul à minime (1-2 sur une échelle de 0-9). Le risque pour l’homme est directement dépendant du précédent et forcément inférieur, en prenant en compte le risque alimentaire et le risque professionnel. Les experts estiment le risque actuel pour l’homme comme « quasi-nul » (1 sur une échelle de 0 à 9). Il est très inférieur au risque lié à la brucellose importée qui représente plus de 80 % des cas de brucellose
humaine en France chaque année ;
le caractère indispensable du maintien d’une surveillance des bouquetins et d'autres espèces sauvages cibles notamment les chamois, les cerfs et les chevreuils :
o sur le massif du Bargy. Le nombre et la nature (classe d’âge, sexe) des animaux échantillonnés devront être déterminés en fonction des mesures de gestion mises en place et de la séroprévalence attendue. A cet égard, les experts soulignent que, quel que soit le scénario de gestion mis en place, si l’analyse est réalisée sur place, un suivi sérologique sans euthanasier les animaux séropositifs n’est pas envisageable dans le contexte d’infection du Bargy. En parallèle, la surveillance saisonnière renforcée et en
temps réel des cheptels laitiers bovins et caprins doit être maintenue, notamment par le dépistage régulier de la brucellose sur lait de mélange, lors de la période d’exposition ;
o sur les massifs voisins : tous les scénarios présupposent que les bouquetins des massifs adjacents ne sont pas contaminés par la brucellose. Il s’agit là d’un élément majeur de l’analyse des différents scénarios envisagés. Les experts soulignent qu’il est indispensable de mettre en place très rapidement une surveillance de la brucellose sur les populations de bouquetins des massifs avoisinants, permettant de vérifier l’absence
de contamination aujourd’hui et dans les années à venir ;
L’impossibilité de parvenir à un abattage total d’une population de bouquetins, ce qui a conduit les experts à envisager un taux maximal de 90 %. Ce dernier est considéré comme très optimiste ;

Les difficultés techniques de mise en oeuvre des différentes mesures envisagées dans les scénarios de gestion. Celles-ci varient d’un scénario à l’autre. Sans pouvoir se prononcer sur la faisabilité technique de chacun des scénarios, les experts ont néanmoins souligné que tous les scénarios étudiés sous-entendent la mise à disposition de personnel de terrain devant travailler dans une zone montagneuse (zone à risque), manipuler des animaux
potentiellement lourds et/ou contaminés et éventuellement du produit vaccinal ou des substances létales (euthanasie d’animaux).
Anses rapport d’expertise collective Saisine « 2014-SA-0218 Brucellose Bouquetins Bargy » page 100 / 163 juillet 2015

Chaque scénario présente donc un risque non négligeable pour le personnel de terrain, ainsi qu’un niveau de faisabilité technique qui doivent être pris en compte dans le choix du scénario de gestion. Certaines méthodes peuvent être plus dangereuses que d’autres : par exemple, il reste toujours moins difficile et moins risqué pour les opérateurs, compte tenu de la topographie, d’abattre un animal (possible jusqu’à 250 mètres de distance) que de le
capturer par téléanesthésie (possible jusqu’à seulement 25 mètres de distance). La recherche de méthodes alternatives de capture serait justifiée pour certains scénarios ;

L’augmentation des mouvements intra- et inter-massifs, d’autant que les abattages sont importants, avec un effet de seuil qu’il n’est pas possible de caractériser aujourd’hui. Ces mouvements ont pour conséquence d’entretenir en partie l’infection sur le Bargy et peuvent conduire à la contamination des massifs voisins (ceci renforce la nécessité de mettre en
place une surveillance des bouquetins dans ces massifs voisins) ;

L’inéluctabilité d’une gestion sur plusieurs années, avec des mesures combinées. Le Groupe de Travail souligne que des scénarios prévus sur une seule année, tout comme une solution simple et unique, ont une très faible probabilité d’atteindre l’objectif de maîtrise de la situation sanitaire, alors que des combinaisons de mesures seraient vraisemblablement plus efficaces. Ainsi, les scénarios peuvent se compléter les uns les autres au cours de plusieurs années successives (au moins 5 ans) ;

Dans ce contexte, la vaccination contre la brucellose du bouquetin, moyennant des contraintes en matière de suivi sérologique et certaines conditions rappelées dans le présent rapport, permettrait d’améliorer l’efficacité de scénarios de base. Il faut cependant souligner que les experts se sont prononcés contre la vaccination à distance par téléinjection,
compte tenu des nombreux aléas que ce procédé représente. L’option de la
vaccination ne peut donc s’envisager qu’en capturant un nombre important d’animaux. La télé-anesthésie peut constituer une limite à cet objectif et le Groupe de Travail recommande que des procédés alternatifs de capture puissent être étudiés et mis en place sur le massif. Pour cela, des échanges avec des spécialistes français et étrangers doivent être facilités pour rechercher des procédés permettant de capturer le plus grand nombre
possible d’animaux (capture de masse) et pour adapter ces procédés à la situation du Bargy (notamment topographique).
----- (fin du copier coller)

Il y est donc expressément indiqué que cette politique d'abattage massif

- ne servira à rien
- couterait cher au contribuable
- ferait courir des risques aux agents chargés de l'appliquer

Je ne comprends pas que la collectivité, qui pourtant l'a demandé, et financé ne prenne pas plus en considération les conclusions de ce rapport, pourtant resultat d'une concertation collective, mais faisant EGALEMENT intervenir les représentants agricoles locaux.

Je ne comprends pas l'attitude des pouvoirs publics formant ils et finançant des scientifiques et leurs études si c'est pour en jeter leurs conclusions aux orties.

samedi 22 février 2014

Une histoire de sauvage dans la foret ..

























Le sauvage n'est pas celui qui vit dans la forêt mais celui qui la détruit.


mardi 25 septembre 2012

Qu'est ce que le Finning ??

Vous avez sûrement déjà entendu parler du "finning" à propos de la "récolte" des ailerons de requin, mais en quoi consiste cette pratique et quelles en sont les conséquences pour l'animal et pour les éco-systèmes ?

Une pratique dévastatrice...

Il s'agit d'une pratique qui consiste à découper tous les ailerons d'un requin pour le rejeter ensuite à la mer, la plupart du temps encore vivant.
A l'inverse des poissons osseux, le requin ne possède pas de vessie natatoire et possède une flottabilité légèrement négative qu'il ne peut ajuster (pour la plupart des espèces). Il lui est donc impossible de maintenir un niveau d'immersion stable sans nager.
Privé de ses ailerons et ne pouvant donc plus nager, il va irrémédiablement couler pour agoniser lentement au fond et mourir de suffocation - la plupart des requins doivent absolument être en mouvement pour permettre à l'eau de pénétrer dans leurs branchies - ou de faim, s'il n'est pas dévoré vivant par d'autres poissons...
Cette pratique est particulièrement rentable puisque la chair de requin a bien moins de valeur que ses ailerons. Dans ces conditions, mieux vaut remplir son bateau de 3 tonnes d'ailerons que de 3 tonnes de carcasses...

Une pêche sans discernement...

Au-delà de cette pratique sauvage, les requins sont pêchés sans aucun discernement, c'est à dire quelque soit leur âge, taille ou espèce.
Ce sont effectivement des animaux à croissance lente et à maturité sexuelle tardive. Comme nous parlons ici de plusieurs années (12 à 14 ans pour le requin blanc !), il y a de fortes chances que les jeunes individus soient massacrés avant de s'être reproduit. Pour ne rien arranger, la durée de gestation est également assez longue, de 7 mois à 2 ans, et le nombre d'individus par portée très limité pour la plupart des espèces.
Pour ces raisons, les techniques de pêche utilisées aujourd'hui sur les populations de requins ainsi que leur exploitation commerciale à grande échelle ne peuvent que conduire cet animal à l'extinction...
Les experts estiment à quelques 100 millions le nombre de requins massacrés chaque année par des techniques de pêche de plus en plus performantes, contre lesquelles les pays désireux de les protéger ne peuvent souvent pas grand chose, faute de moyens suffisant.

L'équilibre des océans menacé...

Au-delà de la disparition des requins c'est la santé même de nos océans qui est en jeu ainsi que notre propre survie.
En effet, le requin se place tout en haut de la chaîne alimentaire - certains plus que d'autres - et va d'une part nettoyer les océans en se nourrissant de carcasses d'animaux morts ou malades, et d'autre part réguler la population d'autres espèces.
Dans certaines régions, on a déjà pu observer un accroissement spectaculaire de la population de raies, généralement au menu des requins, ce qui entraîne en retour une diminution toute aussi spectaculaire d'autres espèces au menu des raies - comme certains coquillages - et parfois nécessaires à la bonne santé des récifs coralliens ou dont peut dépendre toute une économie locale.

Un mets traditionnel maintenant accessible au plus grand nombre...

Les ailerons de requin sont à destination exclusive du marché asiatique - dont Hong Kong est la plaque tournante - et seront vendus séchés à l'unité ou sous forme de soupes. A près de 100$ le bol, cela reste un mets relativement cher, preuve de réussite sociale - par exemple souvent servi lors des cérémonies de mariage - et dont la demande est de plus en plus forte en raison du nombre croissant de familles chinoises qui accèdent à la classe moyenne.
En effet, cette soupe est consommée de manière traditionnelle depuis des siècles, mais voilà, de quelques millions de consommateurs dans les années 80, nous sommes aujourd'hui passés à plus de 300 millions...